Répondre aux 20 questions… ou ne pas répondre ? Ne PAS répondre !

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Laurence Olivier dans Hamlet (1948)

Notre plateforme citoyenne conseille de ne répondre qu’à la première des 21 questions, et de délaisser les 20 « arguments » de la consultation. Pourquoi ?

  1. Tout cocher serait trop long ! Avec seulement 10 bureaux de vote, et en comptant 30 secondes par électeur (ce qui est peu pour 21 questions) il y a un clair risque d’engorgement. Et les files décourageront beaucoup de monde. Allons donc à l’essentiel. Ajoutons toutefois que la Ville a pris des mesures pour éviter cet engorgement (plus d’isoloirs, distribution de formulaires de préparation dans les files…).
  2. Les 20 questions sont embrouillées. Voyez l’analyse question par question d’une licenciée en linguistique et d’une romaniste : certaines questions portent sur plusieurs propositions à la fois, ne portent que sur des informations factuelles, emploient des négations qui portent à confusion sur la réponse à cocher, … Trouver quelles réponses cocher est un véritable casse-tête.
  3. Seule la première question a été soutenue par la population pour cette consultation populaire. La demande portait spécifiquement sur cette question de principe d’un agrandissement en général, et pas sur le projet de Klépierre en particulier.
  4. Les questions portent sur le projet actuel d’extension de Klépierre, dont la demande de permis n’est même pas encore introduite. On ne peut donc pas donner un avis éclairé à ce sujet. Le Fonctionnaire délégué du SPW, qui accordera ou pas le permis, l’a d’ailleurs admis : ces arguments risquent de ne servir à rien et arriveront trop tôt dans le processus (cf. dossier Le Vif, 2/06/2017).
  5. Les réponses aux 20 questions subsidiaires risquent d’être instrumentalisées pour relativiser les résultats et ajuster – légèrement – le projet pour le faire passer quelque soit l’avis de la population.

Développons ci-dessous les arguments 4 et 5

Assez de responsables politiques nous ont fait comprendre que les 20 questions seront utilisées par Klépierre pour bonifier son projet, et puis déposer devant le fonctionnaire délégué un projet quelque peu modifié, sur base de certains arguments plébiscités lors du vote. Ainsi, Klépierre pourra dire « c’est un projet qui tient compte de la consultation car il a tenu compte de X arguments « contre ». Le vote général « contre » de la population ne doit donc plus être pris en compte car il se basait sur un projet qui a maintenant été modifié ». Et ce alors même que seuls des changements cosmétiques auront été faits au projet d’extension. Ce sont même plusieurs échevins, parmi les principaux, qui ont avancé la probabilité de ce scénario.

La ville, elle, soutient les 20 questions, en disant que le fonctionnaire délégué ne pourra pas se baser juste sur un « contre » pour motiver sa décision, mais a besoin d’arguments. C’est vrai. Mais ce n’est pas là le débat ! La consultation a pour but de faire prendre une position à la ville. Pas au fonctionnaire. Mais bien pour que la ville envoie un avis défavorable au fonctionnaire, en cas de non. A lui ensuite de formuler des arguments sur base de l’enquête publique ou du G100. Par ailleurs, en cas de non, si Klépierre attaque la décision du fonctionnaire délégué au conseil d’état, c’est le ministre CDH Carlo Di Antonio qui devra décider. Ce sera donc une décision politique. Et là, l’éventuel « non » de la consultation sera crucial, bien plus que les arguments dans un sens ou dans l’autre. In fine, la décision de l’extension ou pas sera décidée par le pouvoir politique. Dans un premier stade, sous forme d’avis de la ville (souvent suivis par le fonctionnaire). Dans un second, par le ministre. Et il y a des raisons de penser qu’il est plus difficile pour la population de convaincre le monde politique, que pour le fonctionnaire délégué de trouver des arguments, qui seront d’ailleurs donnés par l’enquête publique. Notez aussi que d’ordinaire, les fonctionnaires délégués suivent l’avis des villes. Et l’actuel fonctionnaire est loin d’être un partisan de l’extension.

Revenons à l’argument de la ville : Le fonctionnaire délégué pourra-t-il utiliser les arguments des 20 questions de la consultation pour justifier un refus de permis ? Non. Le fonctionnaire délégué ne le pourra pas. Il se basera, pour refuser le permis, sur les arguments fournis dans l’enquête publique, pas dans la consultation. Pour deux raisons : 1) c’est le rôle de l’enquête publique et 2) le promoteur n’a pas encore déposé de demande de permis. Les arguments de la consultation sont donc « hors sol » et pourront difficilement être appliqués au projet qu’amènera Klépierre.

Les élus de la ville ont des avis variés, mais pris ensemble, la ville est plutôt pour une extension un peu modifiée par rapport à l’actuelle. C’est pour ça qu’aucun parti ne s’affiche clairement contre l’extension, et qu’ils ont tellement de réticence face à la première question (certains vont même refuser de voter à cette question). Et qu’ils n’ont aucun problème à la présence des arguments.

Mais pour la Plateforme, le but de la consultation, c’est avant tout de faire prendre conscience à la ville qu’elle doit changer de direction, et cesser son soutien (même timide) au projet.

Cette consultation populaire, demandée par 3500 citoyens,
s’adresse exclusivement aux autorités communales.

Et si vous voulez une ville qui s’inscrive vraiment dans
un projet de société heureuse et soutenable, votez Non !

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